25/02/2014

Démocratie et provocations

Un récent débat du Conseil municipal de la Ville de Genève a suscité le commentaire (blog TdG 28.01.14) quelque peu désabusé d’une élue pourtant modèle, Alexandra Rys,qui se demandait, si la seule sanction à l’encontre des fauteurs de troubles du parlement serait la rééducation des provocateurs. Certes, un philosophe comme André Comte-Sponville abonderait en disant que la plus petite des vertus humaine c’est la politesse. Petite vertu mais combien peu respectée. La provocation, soyons clair participe d’une émotionnalisation du débat.


Le recours contemporain à l’émotion prend son sens à la lumière des échos médiatiques, en particulier télévisuel qui lui est faite. C’est le format du talk show qui prend le dessus du débat démocratique, c’est le primat de l’émotion sur la raison. Cette dérive interpelle. De quoi sont fait et de quoi se nourrissent les politiciens et les politiciennes qui confondent l’hémicycle et l’Arena ?, l’argument à l’invective ?, l’harangue à l’insulte ?, la conviction personnelle au mépris des autres ? Et comment en vanter la vertu démocratique tant les souvenirs de la montée des dictatures fascistes d’avant-guerre devraient alerter les démocrates de tout bord ?
C’est pourquoi, il est très significatif de noter ce fait amusant; dès que les débats n’ont plus été retransmis en direct par Léman Bleu, les séances du parlement ont sensiblement gagné en efficacité et leur durée a significativement diminué. D’où ce paradoxal raccourci : la démocratie gagne à la mesure et à la discrétion. Les lumières télévisuelles obscurcissent la démocratie; c’est le point précis où la transparence fait écran.

19:09 Écrit par Christophe Zimmermann dans Genève | Tags : démocratie, populisme, provocations | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |

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