03/03/2015

L’auto-organisation : l’émergence d’un nouvel « ordre » économique ?

Dirk Helbing professeur à l’EPFZ relatait récemment dans la SonntagsZeitung (20.01.15) comment la complexité croissante de l’organisation sociale invalidait les modes d’organisation centralisés. L’exemple les plus divers tirés de la gestion du trafic automobile ou plus spectaculairement des modalités de secours en cas de tremblement de terre à San Francisco démontrent que dans des situations de haute complexité, les modes d’auto-organisation se substituent aux modes d’organisation centralisés. Son propos fait écho aux théories du philosophe alternatif américain Jeremy Rifkin, qui vient, lors d’un récent passage à Neuchâtel, démontrer comment l’auto-organisation, c’est-à-dire l’émergence d’un grand nombre de d’auto-producteurs d’électricité (via le solaire, l’hydraulique ou l’éolien,  pourrait radicalement transformer l’économie électrique.


Reprenons l’exemple du déploiement des secours en cas de tremblement de terre. L’auto-organisation a consisté à mettre au point une application (téléchargée sur son téléphone mobile) qui au moment de séisme permet de faire une demande de secours à l’ensemble de la communauté (chacun pouvant soit solliciter une aide soit apporter son aide). En lieu et place d’une gestion centralisée (comment la faire parvenir rapidement si les routes sont détruites !), c’est le voisin le plus proche qui apporte de l’aide et le secours matériel demandé. L’application reste utile pour les autorités en charge de la gestion des secours dans le sens où les alertes sont répertoriées et donnent instantanément la carte des besoins les plus importants et les plus urgents. L’aide centrale et donc guidée par le mode auto-organisé.

Plus près de nous, de bons exemples d’auto-organisation émergent. En France, Bla Bla Car offre via le web un service qui permet à tout un chacun de trouver un covoitureur en partance pour la destination de notre choix à un prix qui défie toute concurrence. Les TGV en souffrent d’ors et déjà. Sur le même principe, les abonnés à la console coyote, signalent à la communauté la présence des radars, des contrôles policiers et des bouchons en temps réels. Une aubaine pour les angoissés du permis à point. Les taxis UBER, les sites de réservation de maison de vacances de particulier à particulier, les exemples abondent et la vague ne fait que commencer !

Helbing annonce une nouvelle révolution économique, car le nombre d’emplois menacés par cette évolution pourrait être considérable, mais énonce en même temps l’émergence d’un nouveau paradigme économique. Pour en tirer parti, il suffira de suppléer rapidement aux modèles d’organisation centralisés des réponses auto-organisées, capillaires et laissant place à une plus large autonomie des usagers. Sommes-nous prêt pour cette mutation ?

09:20 Écrit par Christophe Zimmermann | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | |

Commentaires

Dommage. C'était pourtant bien parti. La référence aux travaux de Rifkin, la projection inéluctable d'un nouvelle économie de partage.
Et voilà que vous prenez l'exemple de Uber !!??
Je vous encourage à vous renseigner un peu mieux sur ce mastodonte Californien qui met ses chauffeurs sur la paille pour rester leader après les avoir subventionnés pour phagocyter le marché.
Uber dispose de 40 milliards de dollars pour contrer systématiquement les autorités de plus de 40 pays qui intentent actions sur action contre cet acteur qui se fout du monde et des règles établies. Pour prélever 20 % de la recette des chauffeurs sans apporter la moindre valeur ajoutée.
Oui, dommage que ceux qui, comme vous, ont pris conscience des conséquence du changement de paradigme, ne réalisent pas trop à quel point certains grands groupes, comme Google qui est derrière Uber, ne font que retarder l'échéance du changement en se sucrant un max. Le pire c'est qu'ils prétendent surfer sur cette tendance du partage alors qu'ils sont justement l'intermédiaire qu'ils prétendent supprimer.
Mais la roue tourne. Et le jour où les actionnaires quitteront le bateau n'est plus très loin. D'ailleurs Google a paradoxalement déjà anticipé en développant un concurrent à Uber, le co-voiturage sans chauffeur !

Écrit par : Pierre Jenni | 03/03/2015

@Pierre Jenny soulève un point crucial car ce qu'il dénonce à juste titre comme beaucoup d'autres fera couler une saine économie .Celle-là même qui encourage plutôt le peuple à s'auto-discipliner en lieu et place de vouloir toujours plus vite et sans se fatiguer
On voit ce qui arrive aux jeunes qui veulent créer des commerces avec l'aide de Franchiseurs .Car la réalité dépasse de très loin la fiction dans ce domaine et quand les affaires ne tournent plus c'est le franchiseur qui les tiendra par la barbichette pour se faire rembourser et ces jeunes seront bons pour aller s'inscrire au chômage
Si c'est cela le monde moderne heureusement que le nôtre avait le sens des valeurs et que le peuple Suisse était connu pour son sens pratique ce qui de nos jours est entrain de tomber en poussière

Écrit par : lovejoie | 03/03/2015

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