30/03/2015

Tous des NIMBY!

Le nimby, (Not In My Back Yard) un individu parfaitement égoïste, ignorant, conservateur, qui s’oppose à un projet bien sûr indispensable, économiquement viable et indiscutablement d’intérêt général ! 


C’est sur ce mode désapprobateur, voire méprisant que sont qualifiés les opposants à des projets d’aménagement. Pourtant certains y voient aussi la vitalité d’une conscience citoyenne et du souci d’un environnement respecté, la manifestation d’une exigence de qualité de vie. 

Le conflit « nimby » est un conflit de proximité, résultant d’une agression ressentie à l’égard de son territoire personnel … C’est le sentiment de possession de ce « biotope » qui répond à des fonctions différentes et contradictoires (productive, récréative, résidentielle ou patrimoniale) et la crainte que l’une de ces fonctions ne soit atteinte. Qui resterait insensible à la modification de cet univers personnel, sécurisant, serein et pérenne ? Nous sommes tous des nimby !

C’est aussi la conséquence d’un individualisme grandissant, né des bouleversements sociétaux et des progrès technologiques. Il créé un nouveau sens des responsabilités et peut se définir, comme l’exprime Gérard Bronner dans « La démocratie des crédules » par « J’ai le droit de savoir, j’ai le droit de dire, j’ai le droit de décider !». Cette affirmation de soi provoque un fort sentiment de dépossession lorsque le projet est imposé (« on ne nous a pas demandé notre avis, on n’a pas été considéré ») par une autorité dont la légitimité est remise en cause. La question est donc posée, de qui peut définir l’intérêt collectif ?  Que devient l’idée même d’intérêts communs face à des aménagements contraignants ? Le paradoxe étant que, même sur des sujets paraissant aussi indispensables que la construction de logements ou d’écoles… on reste focalisé sur son biotope et sur la valeur qu’on lui attribue au quotidien. C’est le chemin ouvert à la contestation, d'autant plus efficace que les luttes des écologistes et des riverains s’agrègent facilement.

Le phénomène nimby révèle l’un des enjeux majeur de l’aménagement du territoire : la délicate pesée des intérêts privés et l’intérêt défini comme général. La « conversation » entre publics, experts et politiques doit s’ouvrir sur le projet : ses défauts, ses qualités pour le « biotope », être l’occasion de révéler le développement de nouvelles valeurs d’usage et fonctions du territoire (que le projet intègre ou pas).

N’est-ce pas ici le terreau fertile d’un dialogue apte à délier les conflictualités, à régénérer le débat démocratique, voire à construire une nouvelle forme de démocratie locale à travers un lien privilégié avec l’ensemble de ses acteurs ?

 

Dominique Florence et Christophe Zimmermann

15:13 Écrit par Christophe Zimmermann | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | |

Commentaires

NImby ou pas j en sais trop rien mais il n'est nullement besoin de se focaliser sur un biotope surtout quand on est automobiliste
Quand on a été simple piéton toute son existence et qu'on a pratiquement jamais quitté la commune qui vous a vu naitre ,l'abattage d'arbres d'âge séculaire et que vous croisiez presque tous les jours,bonjour les dégâts pour le cerveau
Notre esprit n'aime pas le vide et la nature pour qui l'a toujours respectées ceci étant inscrit dans les gènes de tout citoyen Suisse ,représente un repère important tout comme pour la faune sauvage qui ne doit jamais en être séparée .Les enfants placés malgré eux partageront cet avis
Le cerveau troué par l'absence d'arbres qui reflétaient d'important souvenirs va fabriquer des maux bien souvent ignorés par de nombreux généticiens
Surtout que et on est nombreux à s'insurger ,qu'on nous fait de belles phrase pour sauver la nature tandis que des immeubles seront construits pour mieux défigurer le paysage et le rendre encore plus bruyant
Et ce sont ces mêmes pseudos protecteurs de la nature qui veulent interdire la cigarette, de qui se moque t'on dans ce pays
Alors autant être Nimby que Bobos qui eux ne voient pas plus loin que leur bout de nez oubliant qu'un jour ils feront aussi partie *des Vieux* et qu'ils n'auront alors plus que des murs de béton à contempler
Très belle journée pour Vous

Écrit par : lovejoie | 31/03/2015

Bonjour,

lorsque vous écrivez " Le nimby, (Not In My Back Yard) un individu parfaitement égoïste, ignorant, conservateur, qui s’oppose à un projet bien sûr indispensable, économiquement viable et indiscutablement d’intérêt général ! "

faites-vous également allusion ou mention aux personnes qui s'opposent à la création d'un site d'entreposage de déchets nucléaires ou de résidus toxiques, avérés, prouvés, enregistrés et confirmés toxiques pour l'environnement - animaux et humains y compris - sur des siècles, voire des millénaires?

Écrit par : Keren Dispa | 31/03/2015

Oui, vous avez raison. L'opposant à un site d'entreposage de déchets nucléaires est un NIMBY. Ce qui différentie ce NIMBY de celui ou celle qui s'oppose à la construction d'une école c'est la légitimité de l'intérêt général qui est couvert par l'une ou l'autre des infrastructures. Dans le premier cas, c'est l'indépendance énergétique et l'autre c'est l'éducation. L'éducation est socialement et politiquement moins discutée que la production d'énergie, comme le prouve la contestation d'infrastructures comme les éoliennes ou les barrages. Mais pas très loin de chez nous, à Vevey par exemple, une école secondaire démographiquement nécessaire est contestée par le voisinage immédiat.

Écrit par : Zimmermann Christophe | 31/03/2015

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