07/02/2016

Climat: comment sortir de la sidération

C'était en 1982, les précipitations de neige en janvier étaient pratiquement inexistantes (seule 1975 avait été si misérable) et la fin du mois se caractérisa par un redoux tel qu'il conduit à l'annulation de la course ski de fond au Brassus. Les journaux locaux (La Tribune de Genève) en firent leurs titres. C'était le premier moment de sidération hivernale. 2016 on recommence, mais ce n'est plus à 1000 m que la neige vient à se faire rare, c'est à 2000!  34 ans pour monter de 1000m la carence de neige. Deuxième moment de sidération... 


Le climat alpestre se montre très sensible au réchauffement climatique et bien avant les évidences scientifiques, les observateurs attentifs ont pu observer la progressive disparition des paysages neigeux, d'abord en plaine puis sur tous les reliefs qui nous environnent. Comme un baromètre, le seuil neigeux apparaissant de plus en plus tard et disparaissant de plus en plus tôt. Est-ce parce que les hivers plus doux nous paraissent plus agréables que nous observons ce phénomène, à peine inquiet? Juste dans une sidération muette et passive.

Pourtant les conséquences concrètes sont déjà perceptibles. Dans les Alpes régulièrement glissements de terrains, crues, éboulement défraient la chronique. Certes les impacts spectaculaires sont locaux et avant tout matériel. Peu de morts, pas de déplacés.

Mais les dérèglements climatiques commencent à provoquer des dégâts d'une telle ampleur que les assureurs s'inquiètent. Les dommages deviennent réels, les menaces (typhons, inondations, fonte des glaces, élévation du niveau de la mer..) sont toutes apocalyptiques. Mais nous restons de marbre. La sidération nous ankylose. Pourtant, il semble impératif de sortir de cette passivité qui nous habite. Nous remettre en marche, en action. Tous, à tous les niveaux comme le montre le documentaire "Demain" qui fait un buzz incroyable. C'est bon signe! Il y a un mouvement que je sens très clairement monter et qui accompagne la crise de notre modèle de valeurs occidentales, qui, comme l'a très bien montré Erich Fromm en 1976 déjà (Avoir ou Etre), est basé sur une obsession de l'avoir

Si nous restons figés face à l'imminence de la catastrophe climatique, que nous restons rivés dans nos comportements de tous les jours, que nos coeurs restent insensibles et froids devant les hordes humaines des déplacés climatiques jetés sur les routes, c'est que nous avons peur de perdre ce que nous avons. Avoir un travail, des revenus fixes et confortables, avoir un logement agréable, avoir une sécurité qui englobe un confort, avoir une voiture, une famille, des enfants, avoir des amis, des vacances. Avoir des objets qui disent qui je suis, ce que je vaux.

Cette course à l'avoir nous entrave et nous empêche à envisager aucun changement dans nos modes de vie. Renoncer à la voiture en ville, aux déplacements compulsifs en low cost. Renoncer à la malbouffe, l'agriculture industrielle qui nous empoisonne. Renoncer à l'accumulation du capital ou des objets, ces remparts factices à l'incertitude. Renoncer aussi à la passivité, l'oisiveté que procurent des loisirs écervelés. Les jeux, l'escapisme et les amis virtuels pour ne pas voir le réel.

A force de tant avoir, nous renonçons à l'être, renoncer à l'existence. Accepter sans broncher la montée d'un monde de catastrophes, de violences, d'exactions, de meurtres qui gentiment, très gentiment frappent à nos portes. C'est accepter notre disparition prochaine et soudaine. La disparition prématurée de tous nos enfants.

Alors, bonne gens de tous horizons, ceux qui aspirent à sortir de la sidération, tous ceux qui ont compris que le salut ne viendra que de nous-même, parlons nous, initions tout de suite ces petits changements dans nos vies (la mobilité, l'alimentation, l'énergie que nous consommons). Tout de suite. Maintenant sans attendre de quelques pouvoirs ou personnages héroïques le soin de nous sauver des périls qui nous menacent.

 

 

12:43 Écrit par Christophe Zimmermann | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | |

Commentaires

Comme réponse au titre on pourrait dire en arrêtant d'être sidéré pour trois fois rien
Ce que je remarque avec vos technologies c'est que tout comme avec la médecine de pointe vous fouillez l'univers comme les toubibs qui pour rentabiliser les machines opéraient à tour de bras oubliant que le patient est avant tout propriétaire de son corps et qu'il a aussi son mot à dire
On peut même comparer les climatologues actuels à ces toubibs qui pour certains ont fait des pronostics ou prédictions qui ne se sont jamais réalisées
Serait-ce le début d'une nouvelle science la climatoastrologie ? remarquez on fait bien de l'astrologie avec les lettres de nos noms et prénoms /rire

Écrit par : lovejoie | 07/02/2016

Mon petit Monsieur, il ne faut pas croire tout ce qu'on vous raconte; si le climat ne s'était pas réchauffé, DE PAR LUI MEME, avant l'ère industrielle, nous serions encore dans le Petit Age Glaciaire (qui a duré quelques centaines d'années jusqu'au milieu du XIXème siècle, ses famines et ses malheurs. La température revient simplement proche de l'Optimum Médiéval, quand nombre de vallées alpines aujourd'hui prise dans les glaces étaient libres et exploitées comme passage. Tout ceci est bien documenté, rien à voir avec des négationistes du climat. Voici par exemple un site suisse officiel sur l'histoire des Alpes: http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F8569.php?topdf=1
Bonne lecture!

Écrit par : cijeo | 08/02/2016

@cijeo

- « ... si le climat ne s'était pas réchauffé, DE PAR LUI MEME ... »

Euh ... techniquement parlant ... le climat n'est ...

... ni un corps ...

"Tout objet, toute substance matérielle"
http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/corps/19404


... ni un esprit ...
"Partie incorporelle de l'être humain, par opposition au corps, à la matière."
http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/esprit/31059


... ni une énergie ...

"Grandeur caractérisant un système physique, gardant la même valeur au cours de toutes les transformations internes du système (loi de conservation) et exprimant sa capacité à modifier l'état d'autres systèmes avec lesquels il entre en interaction. (Unité SI le joule.)"
http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/%C3%A9nergie/29421

Écrit par : Chuck Jones | 08/02/2016

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